Quand quatre comédiens, à la recherche d’un metteur en scène viennent vous proposer une pièce intitulée Les muses orphelines, comment ne pas être tentée ?
J’ai accepté la proposition d’autant plus vite que ces acteurs et la poésie de Michel Marc Bouchard m’ont inspirée.C’est ainsi qu’a débuté l’aventure avec cette formidable famille Tanguay.En commençant notre travail sur l’idée de l’absence ou l’excès d’amour à travers le corps, nous avons exploré les effets que le poids ou la légèreté peut avoir sur les mouvements.
Comment un corps peut-il maintenir son équilibre malgré les chocs qu’il endure ? Comment change-t-on la qualité du mouvement et du rythme d’un corps par rapport à son niveau de sérénité ? Comment faire se mouvoir ensemble quatre individus qui souffrent de l’abandon ?Ensuite nous avons construit l’univers interne de chaque personnage à travers des souvenirs partagés. Ces moments sont, bien entendu, perçus différemment par chaque individu. Comment sublimons-nous ces souvenirs pour se protéger des douleurs liées à l’absence d’un être aimé ?Quelle influence a notre mémoire au sein de la famille et dans le monde extérieur ?Pendant cette recherche, nous avons trouvé notre jeu de « balance » entre l’équilibre et le déséquilibre au sens physique et psychologique de chaque personnage.
Dans ces rapports entre les personnages, nous travaillons aussi bien des moments de repos dans la suspension, et des moments d’allégresse dans le déséquilibre.En effet, chaque personnage est conscient de son pouvoir d’influencer sur la stabilité ou le déséquilibre de l’autre tout au long du déroulement de la pièce.Tous les personnages vont agir en provocant des réactions extrêmes chez les autres sans forcément se rendre compte des conséquences qu’elles engendrent sur le court et le long terme.
« Ce qui est beau dans une famille, c’est de savoir
la quitter » MM. Bouchard
Shelly De Vito